Mot-clef: "jardin des roses"

Le voile.

Je m’étais endormi la veille d’un départ : le lendemain, à la pointe du jour, je rejoignis la caravane. Soudain un vent impétueux, soulevant des tourbillons de sable, répandit l’obscurité autour de nous. Une jeune fille qui n’avait jamais quitté le toit paternel, voyageait avec nous ; elle détacha le voile qui cachait ses traits et essuya la poussière dont

Thogrul Beget l’Hindou.

On raconte que, par une froide nuit d’automne, Thogrul rencontra un Hindou chargé des rondes de nuit dans le palais. Transi de froid sous la neige, la pluie, les rafales de vent, le malheureux tremblait comme la lumière vacillante de l’étoile Soheïl (8). Le sultan se sentit ému de pitié.

De l’industrie divine dans la création de l’homme.

Vois comment la Providence, dans son art merveilleux, a formé ton doigt d’articulations différentes : ce serait être ignorant et fou que de tourner un doigt railleur vers l’œuvre de Dieu. Admire cet assemblage d’os et de muscles attachés et noués ensemble pour permettre à l’homme de se mouvoir

Reproches maternels.

Un jeune homme avait, dans un mouvement d’orgueil et de révolte, jeté le cœur de sa mère dans le feu de la douleur. Désespérée, la pauvre femme plaça devant lui son berceau et lui dit : « Enfant de peu d’amour et oublieux de tes promesses, n’as-tu pas été un être chétif, faible et gémissant ? Que de nuits sans sommeil j’ai passées à ton chevet !

De la reconnaissance envers Dieu.

La bouche ne peut proférer une seule parole de reconnaissance : et quelles actions de grâce seraient dignes de l’ami (Dieu) ? Chaque cheveu de ma tête est un de ses bienfaits ; comment trouver des remerciements pour ses dons inépuisables ? — Gloire au maître généreux qui a tiré ses serviteurs du néant ! Qui pourrait célébrer dignement sa bonté, puisque la louange est un de ses dons

Le prédicateur.

Un jeune savant, plein de mérite, excellait dans la prédication ; c’était un homme fort estimé, d’une piété profonde et sincère, et les traits de son visage étaient plus beaux encore que ceux que traçait sa main. Il savait à fond la grammaire et la rhétorique arabe ; seulement il prononçait mal certaines lettres de l’alphabet :

L’esclave de Saadi.

J’avais en Egypte un jeune esclave plein de modestie et dont les yeux étaient toujours baissés. Quelqu’un me dit : « Ce jeune homme est sot et sans discernement; il faudra qu’il soit rudement mené. » Le soir même, je le réprimandai d’un ton sévère, aussitôt notre censeur de s’écrier :

Qu’il est difficile d’échapper à la médisance.

S’il est un homme ici-bas qui soit hors des atteintes de la fortune, c’est le sage qui ferme sa porte et vit retiré en lui-même. Dévot hypocrite ou sincère adorateur de Dieu, nul n’est épargné par la médisance ; quand même tu serais un ange descendu du ciel, elle s’attacherait aux pans de ton manteau. Il est plus facile d’arrêter le cours impétueux du Tigre,

Hippocrate et l’amant mystique.

Un homme rencontra une personne d’une beauté accomplie, et l’amour porta le trouble dans tout son être ; une sueur froide coulait sur son corps, abondante comme la rosée sur le tendre feuillage du printemps. Hippocrate passant à cheval près de cet infortuné, s’informa des causes de son mal. Quelqu’un lui dit : « Cet homme est un croyant d’une piété accomplie

Qu’il faut éviter la fréquentation des adolescents.

Un mignon est une cause de ruine et de déshonneur : c’est à la femme seule qu’il faut demander la prospérité de la maison. Comment aimer la rose qu’un nouveau rossignol courtise chaque matin ? Prends garde de te brûler, comme le papillon, au flambeau qui prodigue sa clarté à tout convive. Une femme dont la beauté est rehaussée de qualités aimables, peut-elle

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