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L’esclave de Saadi.

J’avais en Egypte un jeune esclave plein de modestie et dont les yeux étaient toujours baissés. Quelqu’un me dit : « Ce jeune homme est sot et sans discernement; il faudra qu’il soit rudement mené. » Le soir même, je le réprimandai d’un ton sévère, aussitôt notre censeur de s’écrier :

L’esclave généreux.

Un esclave irrité contre le roi son maître avait pris la fuite et s’était longtemps dérobé aux recherches dont il était l’objet. Plus tard, oubliant son ressentiment et les motifs de sa rébellion, il revint chez le roi ; ce dernier fit signe au bourreau d’exécuter le coupable. L’exécuteur, altéré de sang, tirait déjà son glaive, comme la langue du voyageur épuisé sort de sa bouche desséchée

Le bon maître et le méchant esclave.

Un homme dont on vantait le mérite en tout lieu avait à son service un esclave d’un caractère odieux : sa laide figure, ses cheveux en désordre, sa mine maussade et revêche, ses dents (qui semblaient) souillées de venin comme celle du serpent, tout assurait à cet esclave le prix de laideur sur les plus laides gens de la ville.

Le khalife Mamoun et la jeune esclave (66).

Mamoun, lorsqu’il fut investi du khalifat, acheta une esclave jeune et belle, au visage resplendissant comme le soleil, au corps délicat comme le rosier, pleine à la fois de raison et d’enjouement. Ses ongles (teintés de henné) semblaient trempés dans le sang des victimes que faisait sa beauté et au-dessus de ses yeux d’enchanteresse un sourcil peint en noir

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