Mot-clef: "dévot"

Le dévot et l’ivrogne.

Un homme ivre passait dans la rue une cithare à la main ; il la brisa sur la tête d’un pieux musulman. Dès le matin du jour suivant, le saint personnage alla porter chez ce brutal une bourse pleine d’argent et lui dit : « Hier soir, tu as brisé ta lyre et ma tête ; l’ivresse était ton excuse ; ma blessure sera bientôt fermée et je n’éprouve aucune inquiétude

Le dévot et le voleur.

Dans un quartier reculé de la ville de Tabriz vivait un pieux personnage qui se privait de sommeil pour prier. Une nuit, il vit de loin un voleur qui faisait des nœuds à une corde et la lançait sur l’arête d’un toit. L’alarme fut donnée : aussitôt, les voisins d’accourir en tumulte, armés de bâtons. Le drôle entendant les clameurs de la foule, ne jugea pas prudent de rester plus longtemps au milieu du péril ;

Trait d’humilité d’un dévot.

Quelqu’un passant près de la cellule d’un ascète déguenillé crut entendre les aboiements d’un chien. « Comment, se dit-il, un chien en ce lieu ! » et il pénétra dans la cabane à la recherche du pieux derviche. Celui-ci s’y trouvait seul et il n’y avait pas trace de chien. Notre homme allait se retirer sans oser approfondir ce mystère,

Jésus, le dévot orgueilleux et le pécheur repentant.

J’ai ouï raconter que du temps de Jésus (sur qui soit le salut !) vivait un homme perdu de vices qui avait poussé l’erreur et le mensonge jusqu’aux dernières limites : hardi au mal, chargé de crimes, endurci de cœur, cet homme aurait, par ses forfaits, rendu jaloux Iblis lui-même. Sa vie s’était écoulée stérile,

Le dévot avare.

J’avais entendu dire qu’un homme de noble origine, instruit et avancé dans la voie spirituelle, vivait aux confins du pays de Roum (Asie mineure). Je me joignis à quelques adeptes, voyageurs (variante : mendiants, derviches) intrépides, et nous nous rendîmes chez cet homme de bien. Il nous reçut avec force démonstrations d’amitié,

L’intrigant et le dévot.

Un fourbe aux douces et perfides paroles alla trouver un pieux personnage et lui dit : « Me voici embourbé jusqu’au cou : je dois dix dirhems (environ 7 fr. 5o) à un avare, dette odieuse dont la moindre obole pèse sur mon cœur du poids de dix livres. La nuit, l’inquiétude me dévore ; le jour, le créancier me suit comme mon ombre ;

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