Le cheval de Ben Guenoun.

 

De Mascara.

« Vers ma belle aux yeux d’aigle, allons sans plus attendre,
Mon coursier! par Allah, vole avec moi! partons!
Pour ce jour, j’ai nourri de l’orge le plus tendre
Ta vigueur exilée en ces lointains cantons.
La laine, au lieu de fer, a formé tes entraves, —
Les flots purs ton breuvage, et ton bain azuré.
Je t’ai toujours traité comme l’ami des braves;
Mieux qu’un frère, mes mains avec soin t’ont paré.
Ta housse de la rose emprunta les délices;
De ton cou l’amulette est dans la soie et l’or;
Les épis de tes crins charment les maléfices;
Ton élan, pour ton maître, est, dès l’aube, un trésor.
Je t’ai fait visiter, comme à l’un des Fidèles,
Le vieux cheikh El-Akh’al, le plus saint des santons.
Reviens plus promptement, rapide oiseau sans ailes!
Mon coursier! par Allah, vole avec moi! partons!

 

Poèmes Algériens et récits légendaires – par Victor Berar 1858.

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