Les plaintes de la mariée.
Une jeune fille nouvellement mariée se plaignait des rigueurs de son mari au chef de la famille. « Souffrirez-vous plus longtemps, lui disait-elle, que je vive malheureuse avec ce jeune homme ? Je ne connais personne dans cette maison dont l'existence soit aussi triste que la mienne. Unis par une tendre affection, l'époux et l'épouse doivent être comme deux amandes dans une seule écorce, mais moi, hélas ! je n'ai pas encore aperçu un sourire sur le visage de mon mari. » Le père dont l'âge avait accru l'expérience entendit ses plaintes et se borna à répondre avec une sagesse pleine de douceur : « Si la beauté de ton mari t'a séduite, supporte avec patience ses sévérités. » — C'est une faute de renoncer à un bien qu'on ne saurait remplacer ; à quoi bon chercher à fuir le maître qui, d'un signe de tête, peut prononcer un arrêt de mort ? Soumets-toi en esclave résigné aux volontés de Dieu, car tu ne peux obéir à un autre maître que lui. — Je fus un jour saisi de pitié en entendant cette plainte d'un esclave que son maître faisait vendre au marché : « Vous pourrez trouver cent esclaves qui valent mieux que moi, mais où trouverai-je un maître tel que vous ? »
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