Biskra

Biskra

[heading]Un mois, un conte[/heading]

Kaïdat dans le cercle de Biskara

province de Constantine, qui comprend sept villages.

 

Celle que j’aime est la tige
Des fleurs qu’on ne peut cueillir.
— Qui la force à ce prodige? —
Salah! Sultan sans visir.
Un rosier, planté près d’elle,
Bien qu’à ses pieds l’eau ruisselle.
Se verrait bientôt flétri.
Que maudit soit son mari!

 

Je vais te dire une histoire;
C’est un rêve que j’ai fait.
Profitant de l’ombre noire,
La gazelle se sauvait.
Elle pleurait, comme celle
Qui, chez Salah, jeune et belle,

 

A le front de coups meurtri
Que maudit soit son mari!
Comme l’agneau qu’on immole,
Son visage était vermeil.

 

Elle bondissait, — la folle! —
Au loin cherchant son pareil.
Mais sous son gourbi, de suite,
Des gardiens l’on reconduite »
En prison sous cet abri.
Que maudit soit son mari!

 

Pour paître auprès de la source,
Lorsque plus noire est la nuit,

 

Preste, elle reprend sa course
Dans l’ombre un chasseur la suit.
Le flanc frappé d’une balle,
La gazelle, morne et pâle,

 

Tomba sans pousser un cri
Que maudit soit son mari!

 

Poèmes algériens et récits légendaires Par Victor Bérard – 1858.

 

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>

CommentLuv badge